Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
France Révolution

France Révolution c'est un journal d'information et de réinformation avec de l'info vérité non tronquée que vous cache l'ensemble des médias a la botte du pouvoir en place, je produis - Documents - Reportages - Films - tweets et bandes son pour preuve que l'on vous ment 24H sur 24H

Délits à la ZAD. Quand une zone de non-droit en cache une autre

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

Délits à la ZAD. Quand une zone de non-droit en cache une autre

Le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes a du plomb dans l’aile : Médiation lancée par le Président Macron, Hulot au gouvernement, solution citoyenne à Gron, doutes croissants dans la population, exemple désastreux de la LGV Tours-Bordeaux, qui à peine inaugurée s’annonce comme un désastre  pour le contribuable. Il était urgent pour le camp pro-aéroport de contre-attaquer pour reprendre l’initiative.

Les pro-aéroport à l’offensive ?

Pour cela, quel beau thème que celui, sans cesse rebattu, de la zone de non-droit ? Ainsi, Presse-Océan du 27 juillet y consacre un long article – en miroir d’une petite brève, qui, l’air de rien, fait la pub du rassemblement de citoyens pro-aéroport à Bouguenais le même jour – pour rendre compte du recensement policier des délits commis sur la ZAD.

Ceux-ci auraient « fortement augmenté » en 2016 par rapport à 2015. Cette année là, il y avait eu 9 destructions-dégradations de biens – un délit fort large puisqu’il va du tag à la destruction complète du bien –, 6 vols, 3 délits routiers et une menace de mort. En 2016, 29 destructions-dégradations de biens, 11 vols, 4 violences sur personnes, 5 cas de détention de stupéfiants et des « rébellions et des outrages non quantifiés dans le rapport ».

Si ce recensement fait état d’une réalité certaine, est-il vraiment représentatif de la situation du secteur? Ne  vise t-il pas exclusivement à stigmatiser les habitants de la ZAD, « zadistes », paysans ou population de passage sur ce qui est devenu un lieu majeur des luttes environnementales européennes et mondiales, la place Rouge de l’Internationale des luttes écologistes?

La forte délinquance hors ZAD  est-elle traitée à l’identique par cette même presse?

Les autres faits de délinquance que connaissent les habitants des communes concernées – Vigneux de Bretagne, Notre-Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Héric, Treillières – qui sont en troisième couronne de Nantes, ne passent-ils pas à la trappe? Au premier rang desquels les cambriolages, très courants le long des grands axes et des routes secondaires locales. Mais un recensement complet et honnête ne serait pas intéressant, car il ne permettrait plus de concentrer le tir sur les « zadistes ».

D’autre part, avec ses 1600 hectares sur cinq communes, la ZAD fait 16 km². Au cœur de Nantes, sur le seul kilomètre carré de la place du Commerce et de ses abords immédiats – du square Daviais à la place Neptune – il se commet chaque jour  des délits bien plus nombreux liés aux stupéfiants (usage, cession, détention, recel…), des dizaines de vols, quant aux outrages, aux rébellions et aux dégradations de biens, il est impossible de les compter, tant il y en a.

Au cœur de Nantes, la situation ne cesse de s’aggraver. Trois stations de tramway sont touchées de plein fouet maintenant par la gangrène de la drogue. Mais les auteurs bien connus, qui utilisent, en toute illégalité, les ficelles du système pour vendre leur poison et voler avec violence, restent en place et poursuivent leur fructueux commerce.

Toujours à Nantes, à quelques kilomètres seulement de la mairie centrale, des bandes bien connues se livrent à la guerre des gangs, avec l’économie de la drogue en toile de fond, depuis plus de trois ans. Parfois au pistolet mitrailleur, comme mi-mars dernier à Bellevue, parfois à coup de rafales de Kalachnikov comme ce 21 juillet à Malakoff. Parfois ce sont des tirs depuis une voiture sur une silhouette ou un immeuble, comme ce 24 juillet dernier, parfois les balles traversent les cuisines des habitants voisins ou claquent devant une école, un peu après midi. Souvent c’est le silence feutré des coups de couteaux, des extorsions, des rackets, que trouble l’éclatement brusque d’un meurtre, ce jeune homme égorgé dans un tramway, devant le CHU Hôtel-Dieu, tout récemment, dans la nuit du 20 au 21 juillet dernier.

Il est plus rentable politiquement de s’attaquer aux zadistes. Résultat : la somme des lâchetés collectives et individuelles fait reculer, au quotidien, le droit au profit de la transformation du centre-ville en méga zone de non-droit. Réelle celle-ci.

Nantes, la véritable zone de non-droit… à défendre ?

Sur la ZAD, on peut se promener ivre avec un smartphone à la main sans se le faire voler et se faire tabasser. On peut faire son footing à 6 h du matin sans finir à l’hôpital à cause d’un voleur. Une fille peut se promener la nuit, même ivre, sans risquer de se faire violer, comme c’est arrivé dans l’hyper-centre de Nantes à l’automne dernier. On peut faire sa cuisine, prendre sa voiture ou son vélo, vivre, sans risquer une balle.

Pendant ce temps, Nantes est en train de devenir une zone d’affrontement violent entre bandes. C’est à la ZAD que les décideurs politiques veulent remettre de l’ordre, c’est la paille qu’ils veulent chasser alors qu’autour d’eux, les poutres s’entassent. Faute de vouloir mettre des mots sur les maux, apporter des remèdes à des problèmes considérés comme trop brûlants.

Le vieux système politique, mis en déroute lors des élections présidentielles et législatives, espère t-il ainsi pouvoir se refaire et le démontrer à l’occasion  des sénatoriales, avec les plus vieux pots et les plus vieilles ficelles?

Louis Moulin

commentaires

SYRIE. Des milliers de tribus syriennes prennent les armes pour participer à l’offensive contre Daesh à Deir Ezzor

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

SYRIE. Des milliers de tribus syriennes prennent les armes pour participer à l’offensive contre Daesh à Deir Ezzor

DEIR EZZOR, Syrie (00h01) – L’un des principaux éléments de la lutte contre le soi-disant Etat islamique (Daesh), a été la participation des tribus syriennes, des civils pour la plupart, venant de différentes provinces des gouvernorats de Hasakah, de Raqqa, de Homs, de Damas et de Hama.

Ces membres des tribus n’ont pas seulement fourni une main-d’œuvre nécessaire, mais leur navigation sur les terres rurales de la Syrie centrale et orientale ont été primordiales dans la lutte pour recouvrer ces territoires pris par l’État islamique et les rebelles djihadistes.

C’est en particulier les tribus de Raqqawi, qui aident les Forces du Tigre dans le sud-est de Raqqa, qui ont joué un rôle essentiel dans la conduite des troupes gouvernementales dans ce territoire rural et même en négociant avec d’autres clans pour rejoindre leur cause.

Avec la bataille de Deir Ezzor qui vient, ces combattants tribaux joueront probablement un rôle encore plus important pour aider les Forces gouvernementales à expulser l’État islamique du pays.

commentaires

SYRIE. Des milliers de tribus syriennes prennent les armes pour participer à l’offensive contre Daesh à Deir Ezzor

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

SYRIE. Des milliers de tribus syriennes prennent les armes pour participer à l’offensive contre Daesh à Deir Ezzor

DEIR EZZOR, Syrie (00h01) – L’un des principaux éléments de la lutte contre le soi-disant Etat islamique (Daesh), a été la participation des tribus syriennes, des civils pour la plupart, venant de différentes provinces des gouvernorats de Hasakah, de Raqqa, de Homs, de Damas et de Hama.

Ces membres des tribus n’ont pas seulement fourni une main-d’œuvre nécessaire, mais leur navigation sur les terres rurales de la Syrie centrale et orientale ont été primordiales dans la lutte pour recouvrer ces territoires pris par l’État islamique et les rebelles djihadistes.

C’est en particulier les tribus de Raqqawi, qui aident les Forces du Tigre dans le sud-est de Raqqa, qui ont joué un rôle essentiel dans la conduite des troupes gouvernementales dans ce territoire rural et même en négociant avec d’autres clans pour rejoindre leur cause.

Avec la bataille de Deir Ezzor qui vient, ces combattants tribaux joueront probablement un rôle encore plus important pour aider les Forces gouvernementales à expulser l’État islamique du pays.

commentaires

VIDEO – SYRIE. Idlib: des gendarmes turcs torturent 4 jeunes Syriens

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

VIDEO – SYRIE. Idlib: des gendarmes turcs torturent 4 jeunes Syriens

IDLIB, Syrie (12h22) – Une vidéo terrifiante et horrible a été publiée sur les réseaux sociaux hier. Elle montre des membres de la gendarmerie turque battant et torturant 4 jeunes syriens d’origine kurde sur la frontière syro-turque dans la province d’Idlib.

Battus et humiliés, ces jeunes ont eu des blessures graves. Pendant cette phase de torture, les jeunes Syriens humiliés par ces gendarmes turcs étaient forcés de ramasser des pierres afin de gagner l’opportunité d’être libres par la suite.

Les sources turques ont affirmé que les jeunes étaient des Kurdes et tentaient de faire passer par la contrebande des armes en Turquie. Cependant, aucun des jeunes hommes n’est apparu armé dans la vidéo et il n’y avait aucune image montrant les supposées armes saisies. D’autres sources, notamment locales, ont affirmé que les jeunes étaient des Arabes d’Idlib.

Des sources locales dans la province d’Idlib ont rapporté que l’armée turque avait déployé un certain nombre de tireurs d’élite le long de la frontière syro-turque et qu’ils avaient déjà tué plusieurs civils qui tentaient de franchir la frontière entre la Syrie et la Turquie, y compris une femme.

Selon de nombreux rapports, la gendarmerie turque a des communications directes et une coordination avec les groupes de l’armée syrienne libre (ASL) à Idlib. En outre, c’est un secret de polichinelle, les gendarmes turcs ont d’excellentes relations avec le groupe terroriste Hayat Tahrir al-Sham (HTS/ Al-Qaïda syrien). Ils coopèrent avec l’administration civile de HTS pour gérer le passage frontalier de Bab al-Hawa.

commentaires

Maduro entre élection et guerre civile : à quoi sert la crise du Venezuela ?

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

Combat entre l’opposition au président Maduro et les forces de l’ordre.

Combat entre l’opposition au président Maduro et les forces de l’ordre.

Au Venezuela les émeutes organisées par l’opposition pour protester contre l’élection de la constituante ont provoqué au moins dix morts, les USA condamnent Maduro, on est au bord de la guerre civile : à quoi et à qui sert une crise qui s’aggrave de mois en mois ?
 
La crise qui secoue de Venezuela depuis la mort d’Hugo Chavez et son remplacement par son dauphin Maduro entre dans une phase aigue : l’opposition d’Henrique Capriles a trouvé dans l’élection de la constituante une occasion d’insurrection, le président Maduro fait donner l’armée pour assurer l’ordre et conserver le pouvoir. Capriles y voit un « massacre » et une « fraude », l’ambassadrice US à l’ONU Nikki Haley dénonce « un pas vers la dictature », le gouvernement Trump a pris des sanctions financières contre treize chavistes notoires et promet beaucoup plus grave. Bref, le pays est au bord de la guerre civile.
 

La crise du Venezuela, coincé entre socialisme et USA

 
Il y a cent façons d’analyser la crise, d’ailleurs légitimes. On peut noter qu’une clique socialiste a mené à la faillite un pays riche en hydrocarbures. On peut noter aussi que les USA veulent garder leur chasse gardée d’Amérique latine et qu’ils ont tout fait pour déstabiliser depuis trente ans un pays, le Venezuela, qui s’insurgeait contre leur omnipotence pétrolière.
 
Et puis l’on peut aussi constater que la combinaison de la gabegie socialiste et de l’impérialisme US produit une situation dont la gouvernance globale va profiter à terme. La crise du Venezuela est une histoire exemplaire, propre à dégoûter les peuples de tout populisme et de toute opposition à la toute puissance washingtonienne.
 

Avec Maduro, la crise de légitimité mène à la guerre civile

 
120 morts depuis le début des manifestations anti-Maduro, le bilan devient de plus en plus lourd et devrait s’aggraver dans les prochains jours. L’armée est sur les dents, l’opposition a pris pour principal argument le cocktail Molotov. La question de fond est celle de la légitimité. L’opposition la dénie au gouvernement de Maduro et en particulier à l’élection de la constituante, dont le premier geste doit être de dissoudre le parlement où les anti-Maduro dominent. « Nous ne reconnaissons pas ce processus frauduleux, pour nous il est nul, il n’existe pas », a déclaré Henrique Capriles. Dès lors il n’y a plus d’Etat, il n’y a plus de lien social et politique au Venezuela. C’est pourquoi l’opposition détruit les machines à voter, c’est pourquoi Maduro fait donner les blindés contre une partie du peuple : c’est littéralement la guerre civile, et c’est pourquoi les deux partis se battent pour revendiquer la légitimité populaire. L’opposition de flatte d’avoir recueilli plus de sept millions de suffrages à un referendum contre l’élection de la constituante, et Maduro prétend que la participation à cette élection de la constituante atteint 41,5 %, soit 8 millions d’électeurs.
 

L’élection au Venezuela sert à dégoûter de la démocratie et du populisme

 
Cette situation pitoyable et sanglante raconte quelque chose au monde entier : que le populisme anti-US à la Chavez est un échec, que le socialisme est ruineux, que la démocratie débouche sur une anarchie qui ne satisfait personne. Selon l’institut de sondages Datanalisis, 80 % des citoyens du Venezuela désapprouveraient Maduro. C’est censément pour limiter le bain de sang et permettre au peuple du Venezuela « de s’autodéterminer », les Etats-Unis envisagent une action « forte et rapide ».
 
Et ils ne sont pas seuls. Un cercle de réflexion Dialogue interaméricain, situé à Washington, engage Maduro à « respecter la constitution et convoquer des élections générales ». La Colombie, le Panama, le Pérou, l’Argentine et le Costa Rica ont annoncé qu’ils ne « reconnaîtraient pas » la constituante. Bref, un groupe de pression international tente de peser sur la politique intérieure du Venezuela, quel que soit le choix des citoyens locaux. Le combat dialectique entre les Etats-Unis et le chavisme mène doucement à la gouvernance globale.
 

Pauline Mille
commentaires

Karl Rahner, le théologien qui a signé la capitulation face au monde

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

Karl Rahner, le théologien qui a signé la capitulation face au monde

On n’en finit pas de mesurer les effets de la théologie erronée de Karl Rahner. L’observatoire international sur la doctrine sociale de l’Eglise « Cardinale Van Thuân » a publié au début de juillet une chronique hispanophone du dernier livre de Stefano Fontana, La nuova Chiesa di Karl Rahner (« La nouvelle Eglise de Karl Rahner, le théologien qui a enseigné comment se rendre au monde »). Ce texte sur la capitulation face à la mondanité vient heureusement compléter des articles similaires comme celui traduit depuis l’italien en avril dernier par le site benoit-et-moi et montrant comment le théologien jésuite a profondément influencé les récents synodes sur la famille.
 
Le nouvel article, signé Silvio Brachetta, éclaire de manière particulièrement intéressante le véritable renversement qu’a opéré la théologie de ce penseur allemand, en partant du constat déjà fait en 1980 par le cardinal Giuseppe Siri dans Getsemani : l’évêque de Gênes y montrait comment Rahner a inventé « le concept du surnaturel non gratuit » qui se trouve à la racine de ses erreurs théologiques.
 

Le monde selon Karl Rahner

 
Brachetta résume : pour Rahner, le surnaturel est « nécessairement » lié à la nature humaine, mais si cela était vrai la grâce ne serait plus gratuite, ne serait pas un don, et ne pourrait être acceptée ou rejetée librement par l’homme. La gratuité obligatoire en quelque sorte. A partir de là la foi devient inutile dès lors que Dieu fait déjà partie de l’homme que celui-ci le veuille ou non, notait le cardinal Siri.
 
Le livre de Fontana cherche à montrer que cette idée s’est répandue bien au-delà de l’esprit du théologien hétérodoxe, contaminant une grande partie de la théologie de ces 60 dernières années. « Il semble avoir gagné », souligne Fontana, rappelant qu’à l’université pontificale du Latran, peu après la clôture du concile Vatican II, une enquête auprès des séminaristes y faisant leurs études révélait que la majorité d’entre eux tenait Rahner pour le plus grand théologien catholique de tous les temps, loin devant saint Thomas d’Aquin et saint Augustin.
 
Le présupposé central de la philosophie de la théologie de Rahner se résume à une méthode assumée sous le nom du « transcendantal moderne » : dans la modernité, on ne conçoit plus une relation directe avec la réalité à connaître, mais on estime que l’homme voit le monde travers des lentilles dont il ne peut se libérer. C’est une vision qui modifie ou limite l’objet de la connaissance rendant impossible toute certitude, toute conclusion à son sujet, qu’il s’agisse d’une chose matérielle ou de Dieu lui-même.
 

Karl Rahner, le théologien du « trou de la serrure »

 
Dans cette optique, chaque théologien regarde par son propre « trou de la serrure ». Pour Fontana, celui de Rahner se résumerait ainsi : « Dieu se révèle dans l’obscurité qui précède et entoure le trou de la serrure » – et encore, de manière « athématique », privée de contenu. Ce qui devient intéressant dès lors, c’est ce qui se trouve au-delà du trou de la serrure : le monde de l’expérience et des paroles humaines, dont la relation avec la vérité ne peut qu’être équivoque, faite de doutes et d’incertitudes, puisque des critères de jugement se trouvent en-deçà de la serrure, là où je me trouve et là où se trouve Dieu mais où règnent le silence et l’obscurité. Ce qui aboutit à un subjectivisme total.
 
La gnoséologie de Rahner rappelle celle de Kant mais plus encore celle d’Heidegger pour qui l’homme s’interrogeant sur l’être se trouve à l’intérieur du problème et ne peut pas avoir une connaissance d’un objet qui ne soit pas en même temps une connaissance subjective. « Il s’agit d’une reddition inconditionnelle face à l’opinion, au point de vue personnel. Si en outre, le sujet est défectueux, il va également rendre défectueux l’objet, le monde, Dieu, mon expérience dans le monde, la vérité du monde et celle de Dieu », observe Silvio Brachetta.
 
Cette théologie n’a rien à voir avec la connaissance imparfaite que les philosophies classiques ont bien perçue et identifiée, sans jamais tomber dans l’erreur de penser que l’homme ne pouvait pas atteindre la vérité. Le classique situe le critère du jugement sur le monde bien au-delà du cosmos et accepte l’aide d’un Dieu qui se révèle et qui parle, dépassant les limites de la phénoménologie.
 

Capitulation face au monde puisque le temps est supérieur à la vérité !

 
Avec Rahner, c’est au fond la métaphysique qui disparaît, et avec elle tous les contenus liés au concept de nature, d’essence et de substance. Au bout du compte, vient l’impossibilité de concevoir une nature humaine et chez Rahner comme chez Heidegger avant lui, cet existentialisme mène à dire que « l’homme n’a pas de nature dans la mesure où il est un être historique ». Dans cette logique, l’être se fluidifie et se transforme sans cesse dans le temps et dans l’histoire, ce qui rend évidemment inopérante la loi naturelle et impossible tout discours en relation avec le surnaturel. Et ce aussi bien pour l’histoire sacrée que pour l’histoire profane.
 
Partant de ce point de vue, Rahner a suivi les suggestions de la théologie protestante du XXe siècle en vue de la « déshellénisation » du christianisme afin de le purger des catégories de la philosophie grecque. On évacue la doctrine qui permet de discerner le temps présent, c’est la praxis qui se voit attribuer le primat absolu et toute conclusion de la pensée se devrait de suivre le devenir historique. Doctrine, dogme, enseignement : tout est dès lors absorbé par l’historicisme, tout est en relation avec les époques et coutumes ; et d’ailleurs tout peut être remis en question et évoluer, y compris la Révélation. Celle-ci se réalise dans l’immanence de l’histoire et elle ne doit jamais être tenue pour achevée, voilà le sens de la théologie de Rahner dégagé par Fontana.
 

Le théologien Karl Rahner fait suite à Kant, Heidegger, Hegel

 
Ce faisant, à la suite du protestantisme, cette théologie prive la foi des catégories rationnelles et s’oppose – à la manière d’une antithèse – à la raison. Et chaque homme, où qu’il se trouve, se situe à égale distance de la Révélation et de la vérité. Dans ce contexte, l’Eglise enseignante et l’évangélisation deviennent inutiles – et les hommes sont tous chrétiens, qu’ils le sachent ou non. A partir de là, il n’y a plus lieu de gouverner d’enseigner ou de sanctifier qui que ce soit, mais de se mettre à l’écoute du non-croyant et de l’accueillir.
 
Voilà le fond réel des priorités que beaucoup d’évêques fixent à l’action pastorale, observe Brachetta, ce qui va de pair avec la dévaluation du thomisme et la promotion du dialogue à n’importe quel prix – sans compter la recherche du consensus, de préférence en utilisant le langage du monde.
 
On ne sera pas surpris par le rappel du fait que le cardinal Kasper, qui joua un rôle tellement proéminent lors des synodes sur la famille, est de formation totalement rahnerienne, épousant son rejet maçonnique du dogme selon l’acception traditionnelle du mot. Kasper pense qu’il faut « considérer le dogme comme intermédiaire entre la parole de Dieu et la situation de vie de la communauté chrétienne ». De vérité définitive, le dogme devient dès lors « une simple expression linguistique qui doit se plier face à la situation réelle de la personne et des perceptions historiques modifiées ».
 
Et c’est bien ainsi que le modernisme nous vend aujourd’hui l’idée d’une vérité qui ne cesse de changer et d’exigences qui varient selon les circonstances et les temps : on peut s’étonner avec Brachetta et Fontana de ce que Rahner n’ait jamais été condamné – il était expert au Concile à la demande de Jean XXIII. La crise que nous vivons aujourd’hui a des racines profondes.
 

Jeanne Smits
commentaires

Ce que signifie (ou devrait signifier) la loi sur la moralisation de la vie publique

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

La loi sur la moralisation de la vie publique comprendra notamment l’interdiction pour les parlementaires d’embaucher des membres de leur famille et l’imposition des indemnités de frais de mandat.

La loi sur la moralisation de la vie publique comprendra notamment l’interdiction pour les parlementaires d’embaucher des membres de leur famille et l’imposition des indemnités de frais de mandat.

L’Assemblée nationale a donc voté, dans la nuit de vendredi à samedi, après cinquante heures de débat et plus de huit cents amendements, la loi (ou, plus précisément, les deux projets de loi) sur la moralisation de la vie publique. Cela signifie-t-il, comme il paraîtrait simplement logique, que les Français n’entendront plus jamais – les mânes de Napoléon III en frémissent ! – parler « d’affaires » ? Comme le soulignait ici même Pauline Mille à quelques heures du vote, on peut en douter.
 
A dire le vrai, les députés, en majorité membres du parti présidentiel des marcheurs, n’avaient guère le choix. Sauf à prendre le risque de contredire l’engagement, peut-être le plus solennel, pris par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle.
 
Certes, l’on sait qu’il y a, et de plus en plus, un monde entre les promesses de campagne, notamment présidentielle, et leur réalisation au cours du mandat qui suit. Au point que la sagesse populaire a, depuis longtemps, compris qu’elles n’engageaient que ceux à qui elles étaient faites…
 
En l’occurrence, toutefois, le risque aurait été trop grand, tant ladite campagne a été l’occasion de voir ressurgir inopinément – voire opportunément – des dossiers que d’aucuns espéraient enterrés pour toujours.
 

Moralisation de la vie publique : un rêve réitéré

 
C’est donc sur son apparence de M. Propre – neuf, lisse, et sans doute lavé avec Mir laine – qu’Emmanuel Macron a accédé au sommet des ors de la République. Et il est d’autant plus urgent, aujourd’hui, d’essayer de tenir, dans une procédure accélérée, au moins cette promesse de moralisation, que, malgré toutes les précautions que le président nouveau croyait avoir prises, ses deux principaux soutiens, Richard Ferrand et François Bayrou, passaient à la chausse-trappe. Il s’en fallut sans doute d’un cheveu que Jupiter ne se réveillât avec la gueule d’Ubu !
 
Opération réussie donc – du moins en son premier stade. Car il ne suffit pas d’édicter un règlement pour que celui-ci soit respecté. On verra à l’usage – où le neuf prend rapidement l’apparence du vieux.
 
On pourrait détailler, comme le fait la majorité de nos confrères, la longue liste des dispositions ainsi adoptées par les députés : interdiction des emplois familiaux, conflit d’intérêt rendu impossible par l’interdiction d’exercer une activité de conseil en cours de mandat, inéligibilité prononcée contre candidats et élus dans le cas où ils seraient reconnus coupables de crimes ou d’infractions traduisant un manquement à la probité. Etc.
 

Ce que signifie cette loi est terrible

 
On s’arrêtera là, tant tout cela suffit à traduire l’espèce de stupéfaction qui saisit le lecteur devant la réalité ainsi décrite. Admettre qu’il faille une moralisation de la vie publique, c’était déjà reconnaître que nos édiles, contrairement à ceux de l’ancienne démocratie athénienne (avec, l’Histoire elle-même le reconnaît, parfois quelques bémols), ne se recrutent plus guère parmi les citoyens sages et vertueux.
 
Mais être obligé en outre d’indiquer, en quelque sorte noir sur blanc, qu’un élu de la République se doit d’être probe, c’est, en quelque sorte, la cerise sur le gâteau qu’ils sont soupçonnés de se partager ! Un peu comme si l’élection était devenue une revanche, à l’envers si je puis écrire, de la nuit du 4 août, en permettant aux bons citoyens d’accéder à des privilèges dont auraient abusé les méchants nobles.
 
Le problème étant que le pouvoir, surtout lorsqu’il est recherché pour lui-même corrompt, voire rend fou – toujours Jupiter ! Et que tant de citoyens honnêtes (ou réputés tels) se sont perdus dans les allées du pouvoir, au contact des facilités plus ou moins tentatrices et corruptrices qu’elles recèlent, que le simple fait, pour un homme politique, de franchir la porte d’un grand tailleur est suspect. Le costume trois-pièces rime désormais avec le délit d’initié. Et la ruine de la classe politique entraîne(rait) celle des professions de luxe, contrôles fiscaux tous azimuts à la clef…
 

De la pêche à la ligne au « verrou de Bercy »

 
Pour avoir trop voulu croire, avec Rousseau, que la société corrompt un homme né bon, nos politiques n’ont plus d’autre moyen d’enrayer l’indifférence citoyenne vis-à-vis du politique que de mettre un gendarme derrière chaque élu. Le garde-chiourme plutôt qu’une impossible honnêteté. Une mesure écologique au demeurant, les abstentionnistes en nombre grandissant risquant fort, sinon, de ruiner la population poissonneuse de nos rivières…
 
La loi appelle désormais cela, en propres termes, le « verrou de Bercy », à savoir un mécanisme qui donne au ministère de l’Economie le monopole des poursuites pénales en matière de fraude fiscale.
 

La devise républicaine sous le couperet d’une moderne guillotine

 
Ce faisant, la loi donne le coup de grâce à la devise républicaine. Il y a longtemps que le bon peuple ne croit plus à l’Egalité, puisque la politique est devenue le monde de la corruption, et que le châtiment légalisé est la seule manière d’en sortir. La guillotine, qui envoya « l’Incorruptible » Robespierre réfléchir dans un monde meilleur sur l’inanité de sa réputation, n’étant plus de saison, on met en place le verrou de Bercy.
 
Mais le citoyen est devenu méfiant. Ce verrou, il se trouvera toujours des voyous pour le contourner. Tandis que le brave populo qui, par mégarde, traversera en dehors des clous, sera sévèrement châtié au nom de ce verrou liberticide – ou d’un autre similaire. Pas de bagatelles chez les purs : voler un œuf, c’est voler un bœuf.
 
Egalité : néant. Liberté : finie. Comment croire encore, à ce compte-là, en la Fraternité – sauf, sans doute, au sein des fraternelles ?
 

Hubert Cordat
commentaires

Laurianne Rossi, députée d’En marche, agressée : la copieuse morale de la fable

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

Laurianne Rossi, députée d’En marche, agressée : la copieuse morale de la fable

Laurianne Rossi, députée d’En marche la république des Hauts de Seine, a été agressée par un opposant sur un marché où elle tractait. Deux mois après ce qui est arrivé à NKM ce fait divers plus court qu’une fable de la Fontaine est l’occasion d’une copieuse leçon de morale de la part du système politico-médiatique.
 
Le monde est à feu et à sang de l’Irak au Venezuela, la Russie et les USA s’entre-sanctionnent, l’Europe et la France sont en proie aux violences inouïes de l’immigration, et la loupe des médias se focalise sur l’agression subie par une députée de La république en marche sur le marché de Bagneux dimanche. Alors qu’elle faisait sa promotion en distribuant des prospectus, elle aurait été agressée par un homme qui l’aurait traitée de « député godillot » avant de lui donner « un violent coup de poing dans la tempe droite » et de s’enfuir. Un coup « sans gravité corporelle », heureusement, selon les médecins.
 

Morale de la fable : en démocratie, toute violence est illégitime

 
Telle est du moins sa version des faits, dont l’enquête dira ce qu’il faut en penser. Mais on peut tout de suite se demander pourquoi un fait si mince provoque une si copieuse couverture médiatique. On pourrait invoquer la traditionnelle disette d’informations de l’été, mais justement, l’actualité politique est bien fournie. La réalité est que cette affaire est jugée emblématique par les médias du système et exploitée pour telle. Elle est explicitement rapprochée de « l’agression » subie par NKM et présentée comme le symptôme répété d’une crise de la conscience civique et politique.
 
Valérie Pécresse, notant que Laurianne Rossi était la deuxième femme politique agressée en deux mois a estimé sur tweeter : « Trop, c’est trop ». Et la victime elle même a tweeté : « Aucun désaccord politique ne peut justifier la violence, qui plus est contre les élus de la république et les femmes ». Des éléments de langage repris par toute la classe politique. Le premier ministre Edouard Philippe a occupé le créneau femmes en reprenant mot pour mot la réaction qu’il avait eu lors de l’affaire NKM, dénonçant une « agression lâche ». Quant au questeur « constructif » Thierry Solère, il a développé l’autre thème : « En démocratie, il ne peut pas y avoir de violence légitime ».
 

Comment le totalitarisme en marche exclut ses adversaires

 
C’est sans doute la morale principale de la fable de la députée agressée. Elle fait l’économie de l’analyse d’un phénomène capital, le rejet croissant, forcément de plus en plus violent, par le peuple, de sa classe politique. Un rejet dont on connaît les causes : l’incapacité de cette classe politique à résoudre les problèmes sociaux, sociétaux et nationaux qui se posent à la France et à l’Europe, ou plutôt la volonté opiniâtre de cette classe politique d’imposer aux peuples des solutions sociales, sociétales et antinationales qu’elle présente sous l’étiquette « réformes ». Un rejet dont bien sûr ladite classe politique ne veut pas divulguer les causes, puisqu’elles la mettent directement et radicalement en cause. C’est sa survie qui est en jeu, et c’est pourquoi elle tente toutes les manœuvres pour détourner l’attention du public. La fable de la député agressée en est un particulièrement bien adaptée à la société formatée par les médias : c’est une femme qui est agressée, et c’est la république.
 

La fable de la non violence contre le roman révolutionnaire

 
Ce qu’il y a de piquant, c’est qu’en prétendant défendre les institutions républicaines la campagne de presse s’attaque à la fois à la souveraineté populaire et à l’histoire de la république. En effet, en déclarant toute violence illégitime, on délégitime l’insurrection qu’on disait naguère « plus saint des devoirs » face à l’oppression, et l’on ôte toute justification aux révolutions qui ont fait la république, notamment celle de 1789. En même temps, pour l’avenir, la classe politique au pouvoir condamne absolument toute réaction du peuple face à ses abus, elle se donne les moyens, au nom d’une nouvelle morale politique, de réprimer durement tous ses opposants.
 

Laurianne Rossi, députée agressée : une exploitation copieuse et sans complexe du sexisme

 
Pour faire passer ce tour de passe-passe, le système joue sans vergogne, avec un sexisme qu’il assure combattre ailleurs, sur la fragilité de la femme, et la galanterie protectrice que lui doit le mâle gaulois. Entendez-moi bien, je n’approuve pas, si le fait est avéré, qu’on frappe une députée, ou une candidate, ou n’importe quelle femme, sur un marché. Mais je trouve indécente l’exploitation qui en est faite. L’entourage de NKM a fait savoir qu’elle est « évidemment solidaire avec Laurianne Rossi (devant cette agression qui) lui a fait revivre ce qu’elle a elle-même vécu ». Elle ment : en admettant que Mme Rossi ait reçu « un violent coup de poing dans la tempe », ce ne fut pas le cas de NKM. L’agresseur de Mme Rossi n’a pas pu faire vingt mètres avant d’être ceinturé par ses militants et remis à la police. Le contradicteur de NKM était resté un moment à quelques mètres d’elle sans que personne ne s’occupe de lui.
 
Une mise en scène trop copieuse et touffue comporte des erreurs. Mais l’essentiel de la fable, pour le système, n’est pas sa crédibilité, c’est sa morale.
 

Pauline Mille
commentaires

Veto du président de la Pologne sur la réforme de la justice, la Commission européenne renouvelle ses menaces de sanctions

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

Le président polonais, Andrzej Duda, annonce son intention d’opposer son veto aux lois controversées sur la justice, le 24 juillet 2017.

Le président polonais, Andrzej Duda, annonce son intention d’opposer son veto aux lois controversées sur la justice, le 24 juillet 2017.

S’il fallait encore faire la démonstration de l’inutilité des ingérences de Bruxelles dans les affaires intérieures polonaises, c’est chose faite avec le double veto annoncé le 24 juillet par le président Andrzej Duda contre deux des trois lois de réforme de la justice voulues par le PiS. Le premier vice-président de la Commission Frans Timmermans menaçait le 19 juillet, avant même que la mouture définitive des textes de loi soit connue, de demander au Conseil européen d’activer l’article 7 du traité de l’UE afin de suspendre la Pologne dans ses droits d’État membre. Son prétexte ? Les tribunaux nationaux étant aussi des tribunaux de l’UE, la Commission aurait un droit d’ingérence même si les traités européens ne lui donnent aucune compétence en ce qui concerne l’organisation de l’institution judiciaire des Etats membres.
 
Or en Pologne, si une loi est votée en violation de la constitution, le président peut y opposer son veto, obligeant le parlement à trouver une majorité des trois cinquièmes pour passer en force. Avec le scrutin à la proportionnelle, aucun parti n’a jamais disposé à lui seul d’une telle majorité depuis la chute du communisme. Si le président n’oppose pas son veto, il reste le Tribunal constitutionnel dont les juges sont évidemment bien mieux qualifiés que les commissaires européens pour examiner les lois du pays.
 

La Pologne a bien l’intention de poursuivre sa réforme de la justice malgré les menaces de sanctions formulées par la Commission européenne

 
Dans le cas présent, en attendant que le président Andrzej Duda propose ses propres projets de loi pour réformer la Cour suprême et le Conseil de la magistrature, ce qu’il a promis de faire sur la base des deux lois rejetées, seule la loi sur les tribunaux ordinaires doit donc pour le moment entrer en vigueur. En vertu de cette loi, les juges n’auront plus leur mot à dire dans la nomination par le ministre de la Justice du président et du vice-président du tribunal où ils exercent, et le ministre, qui est aussi Procureur général, dispose de six mois pour révoquer les présidents de tribunaux du pays sans qu’il soit possible au Conseil de la magistrature de bloquer ses décisions. Par la suite, toute révocation et nomination par le ministre de la Justice d’un président ou vice-président de tribunal pourra être bloquée par le Conseil de la magistrature à une majorité des deux tiers.
 
Le but avoué, c’est de purger enfin les tribunaux de leurs brebis galeuses, quasiment jamais sanctionnées par leurs pairs ancrés dans leur esprit corporatiste, et aussi des juges au passé communiste. L’autre objectif, c’est de rétablir une certaine dose de contrôle démocratique sur une justice qui fonctionne souvent mal mais qui bénéficie d’une impunité quasi-totale contrairement aux pouvoirs exécutif et législatif. Les présidents de tribunaux auront aussi des pouvoirs réduits puisque les affaires seront attribuées aux juges de manière aléatoire et la composition des tribunaux ne pourra plus être changée en cours de procès.
 

En annonçant son double veto, le président polonais a promis de présenter ses propres projets de loi

 
Contrairement à ce qu’affirme la Commission européenne, cette réforme va donc dans le sens de plus de démocratie et d’un meilleur respect de l’état de droit.
 
Les deux autres lois, qui viennent d’être bloquées par le veto présidentiel, allaient elles aussi dans le sens d’un contrôle démocratique de l’institution judiciaire, mais certaines de leurs dispositions étaient très discutables, de même que la stratégie choisie par le PiS qui consistait à passer en force et à toute allure au parlement en plein mois de juillet. D’après un député du PiS avec lequel j’ai eu l’occasion de discuter à plusieurs reprises la semaine dernière, le PiS et le président Andrzej Duda (lui-même issu du PiS) partagent la même volonté de réformer la Cour suprême et le Conseil de la magistrature, et la réforme de la justice sera poursuivie.
 
Attendons-nous donc à ce que la Commission européenne ressorte sa menace de recours à l’article 7, même si le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a de nouveau déclaré que son pays bloquerait l’utilisation de cet article contre la Pologne. Or si la première étape d’une telle procédure de suspension d’un Etat membre dans ses droits nécessite le vote positif des quatre cinquièmes seulement des Etats membres, soit 22 pays (ce qui sera déjà difficile à atteindre), il faut ensuite un vote à l’unanimité du Conseil européen (sans le pays incriminé) pour passer à l’action. La Commission européenne voudrait encore faire voler en éclats l’Union européenne après le Brexit qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.
 

Olivier Bault
commentaires

La Chine met en place un nouveau programme de développement de l’AI (intelligence artificielle)

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

Salon international du robot, à Shanghai, en Chine, le 5 juillet 2017.

Salon international du robot, à Shanghai, en Chine, le 5 juillet 2017.

La Chine ne s’en cache pas : elle cherche à prendre un rôle dominant dans le domaine de l’intelligence artificielle. Le 20 juillet dernier, le Conseil d’Etat de cette grande puissance communiste a présenté son « plan de développement de l’intelligence artificielle de nouvelle génération » qui vise à permettre à la Chine de garder son avantage de « précurseur » afin de se placer comme « premier centre global d’innovation de l’AI » d’ici à 2030.
 
Le cadre stratégique annoncé par la Chine affiche trois objectifs conjoints : il cherche à s’atteler à la solution de problèmes clefs dans le domaine de la recherche et du développement, à mettre en place toute une série d’applications et à « cultiver » l’industrie de l’intelligence artificielle. Les leaders chinois ne font pas mystère de leur volonté de dépasser les Etats-Unis.
 
S’agissant d’un pays socialiste, les ambitions chinoises se traduiront d’abord par la création d’un nouveau Bureau de promotion du plan AI qui dépendra du ministère de la Science et de la technologie.
 

La Chine veut prendre la tête du développement de l’AI

 
Première étape : d’ici à 2020, la Chine veut s’assurer de tenir le rythme global de développement de l’intelligence artificielle en même temps que son industrie de l’AI atteindra un point de croissance économique notable. Au menu, les Big data, l’intelligence par essaims, l’intelligence hybride améliorée et les systèmes intelligents autonomes, l’ensemble devant représenter sur le plan industriel une valeur de plus de 22 milliards de dollars. La totalité des industries liées de près ou de loin à l’AI représenterait à ce moment-là quelque 148 milliards de dollars.
 
D’ici là, la Chine entend également partir à la chasse aux talents dans le domaine de l’intelligence artificielle, et se doter d’un cadre légal, réglementaire, éthique et politique. Quel peut être le cadre éthique inventé par un système communiste ? Poser la question…
 
L’affaire procède ensuite à la manière des plans quinquennaux avec des objectifs pour 2025 et 2030. Dès 2025, la Chine espère avoir réussi des avancées importantes permettant à l’AI de représenter l’un des plus grands moteurs des avancées industrielles du pays et de sa transformation économique. Les domaines d’application devront aller de l’industrie à la médecine en incluant aussi la Défense nationale avec une valeur de l’industrie de l’intelligence artificielle proprement dite estimée à 59 milliards de dollars (et 740 milliards pour les domaines liés).
 

Un programme typiquement communiste

 
Cinq ans plus tard, la Chine sera devenue le principal centre d’innovation de l’intelligence artificielle au monde, si tant est qu’elle puisse réussir à mettre en œuvre ses projets. Cela ira de pair avec le recours toujours croissant à l’AI dans le domaine de la « gouvernance sociale » et de la « défense nationale », avec une explosion de la valeur des industries directement ou indirectement liées à l’intelligence artificielle.
 
Pékin a expliqué que le recours au développement de l’AI répond à plusieurs défis : le gouvernement communiste cite la nécessité de répondre aux nouvelles exigences économiques, de gouvernance et sociétales, ce qui annonce décidément l’invasion de la vie de tous les jours par une soi-disant « intelligence » mécanisée, tout en assurant une sortie par le haut de l’actuelle stagnation de la croissance économique. Les autorités font en effet confiance à l’intelligence artificielle pour laisser éclore une nouvelle révolution scientifique et une transformation industrielle, avec à la clef une croissance pouvant atteindre 26 % d’ici à 2030. Comment refuser une telle aubaine, pour hypothétique qu’elle soit ?
 
D’ores et déjà, les autorités estiment que les applications de l’AI seront multiples aussi bien dans le domaine du gouvernement que dans ceux de l’éducation, de la santé et même de la justice.
 

La Chine prévoit d’applique l’intelligence artificielle à la défense, la sécurité et la justice

 
Le parti communiste chinois (autant dire le pouvoir qui s’auto-félicite) a salué l’initiative en appelant de ses vœux ce développement de l’AI qui permettra d’améliorer « l’intelligentisation » de la « gestion sociale » et la protection de la stabilité sociale grâce aux techniques d’identification biométrique ou par reconnaissance faciale avancée.
 
Il est clair que les annonces de développement, tout au long du plan, du cadre éthique et légal devant assurer la « sécurité » de l’intelligence artificielle s’inscrivent résolument dans le contexte de la dictature du Parti : la chose lui semble tellement naturelle que l’annonce d’une surveillance automatisée toujours plus efficace et universelle se fait déjà publiquement et sans état d’âme.
 
C’est dans un même esprit que la Chine présente l’intelligence artificielle comme indispensable à son rôle futur de « puissance nationale intégrale » et à son développement militaire.
 

L’AI, avant tout un outil pour le pouvoir chinois

 
Actuellement en retard par rapport à d’autres pays en ce qui concerne les algorithmes et les composantes critiques telles les puces les plus innovantes, la Chine a décidé d’œuvrer particulièrement à la recherche et au développement de l’intelligence artificielle calquée sur le fonctionnement cérébral de manière à faire survenir des « changements de paradigme ».
 
Elsa Kania, éditorialiste de The Diplomat, est d’avis que la Chine possède des avantages certains pour réaliser son projet, notamment à travers ses bases de données massives.
 
Mais la Chine entend également profiter de ce qui se fait à l’étranger, à la fois par le biais des fusions-acquisitions, des programmes d’échanges avec des universités étrangères, et par l’encouragement à l’investissement étranger en Chine, notamment par l’installation d’unités de recherche et développement d’entreprises internationales. Le monde entier travaillant ensemble à l’amélioration des outils de la soumission…
 

Anne Dolhein
commentaires
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>