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France Révolution

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Sacs plastiques sur les marchés : les amendes pleuvent sur les commerçants récalcitrants

Publié le 10 Juillet 2017 par France Révolution

Sacs plastiques sur les marchés : les amendes pleuvent sur les commerçants récalcitrants

Il faut croire qu’il n’y a plus de fraude, de problèmes sanitaires ou de délinquance en France. Du coup la Répression des Fraudes s’est trouvée une tâche à sa mesure, le travail d’Hercule de 2017 : éradiquer les sacs plastiques des marchés français. Si les grandes surfaces se sont faites bon gré mal gré aux sacs « biosourcés » dès l’automne, voire pour les plus tardives au printemps 2017 – l’interdiction était théoriquement au 1er janvier – les commerçants et producteurs sur les marchés font de la résistance.

La raison en est essentiellement économique : « si à Paris, avant de décider encore une loi dont on doit payer les conséquences, ils demandaient, ça ferait des vacances ! », fulmine un producteur. « On passe notre temps à payer : les impôts, les charges, les normes, le droit de place, on paie pour avoir le droit de travailler, y en a assez. Là, les sacs c’est très visible : les sacs plastiques nous reviennent à 1 centime pièce, les sacs nouveaux en kraft, c’est plutôt de 3 à 5 centimes, et il est hors de question pour nous de les faire payer aux clients comme peut le faire la grande distribution ».

Il y a trois semaines, au Pouliguen, la répression des Fraudes a mis à l’amende un commerçant qui mettait sa marchandise à disposition des clients dans des sacs plastiques – il aurait écopé de 1500 € d’amende. De quoi acheter quelques colis de sacs en papier kraft. Fin juin, un vendeur de sacs à destination des commerçants a été interpellé sur le marché de la Petite Hollande à Nantes : il été soupçonné de vendre des sacs plastiques dessous le manteau – ce qui est aussi interdit, on s’en doute. Il a été relâché car il a réussi à prouver qu’il y avait eu maldonne.

Les deux histoires ont fait réagir de nombreux commerçants qui se dépêchent d’expédier leurs stocks de sacs plastiques et de passer au kraft. Mais aussi des clients : « les sacs nouveaux en kraft, c’est peut-être très bien pour le Midi de la France où il ne pleut pas, mais pas pour la Bretagne et les régions au nord de la Loire. Sous la pluie, ils ne tiennent pas, ça ne vaut rien », s’insurge Hélène, sur le marché de La Baule.

Les commerçants ne sont pas contents non plus : « pour emballer certains produits, ça ne vaut rien. Dès que le produit est mou ou un peu mouillé, le sac est lui aussi mouillé – ou alors il faut prendre des sacs exprès pour qui sont encore plus chers », remarque un crémier nantais. Et puis ces sacs sont « vraiment biodégradables », constate ce maraîcher du Pays de Retz. Ils se dégradent à toute vitesse. Avec le plastique on pouvait faire des stocks, et acheter beaucoup au meilleur prix. Là, pas moyen, ils se dégradent vraiment vite… quand on est producteur, on a bien d’autres choses à faire, ce n’est guère pratique », sauf pour les industriels du sac évidemment, et pour les revendeurs.

Mais pas pour les poissons : les micro-particules issues des sacs « écologiques » et « biodégradables » mettent très longtemps à se dégrader et se retrouvent dans toute la chaîne alimentaire. C’est le fameux « sixième continent » décrié par Nolwenn et qui « tourne tourne, vinyle géant » à la surface des océans.

Bref, une fois de plus, de l’écologie, les gouvernements successifs ne semblent avoir retenu que le versant confiscatoire : les amendes, les taxes nouvelles, les normes, qui forment déjà, mises bout à bout, « un maquis inapplicable », estime ce commerçant du Pays Blanc. Car, constate-t-il, «personne n’est aux normes, ni les grands, ni les petits ». Affaire à suivre.

Louis Moulin

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