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France Révolution

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Mort de Pierrette Bloch, petite main de l’art Con

Publié le 12 Juillet 2017 par France Révolution

Portrait de l’artiste plasticienne Pierrette Bloch.

Portrait de l’artiste plasticienne Pierrette Bloch.

L’art Con c’est l’art contemporain, l’art conceptuel. Il a ses grands escrocs, de Duchamp à Jeff Koons et Anish Kapoor en passant par Damien Hurst ou Soulages. Pierrette Bloch, surprise par la mort dans sa quatre-vingt-dixième année, en était une petite main. Nécessaire, par sa discrétion même, au système.
 
L’art Con est une spéculation, c’est un marché, une secte, un totalitarisme. On en connaît la définition, l’art ne dépend pas d’une compétence ni d’une esthétique, mais d’une étiquette : est art ce que l’artiste nomme art. On en connaît aussi l’origine : les ready made de Marcel Duchamp, objets d’art tout prêts fournis par l’industrie à l’artiste. On sait enfin le geste qui brise l’enchantement enfantin de l’art Con, la transgression libératrice : il a suffi de faire pipi dans l’urinoir de Marcel Duchamp pour qu’il perde son statut d’œuvre d’art et retrouve sa fonction première. C’est pourquoi l’art Con ne supporte ni la dérision ni le bon sens : ces messagers de la réalité lui sont fatals, comme à toute escroquerie.
 

L’appareil intimidant de l’art Con, spéculation totalitaire

 
C’est pourquoi encore l’art Con a ses duègnes, ses précieuses, ses académies, tout cet appareil de sérieux bouffon nécessaire à conférer aux étiquettes artistiques l’autorité qui intimide le pékin. Naguère, nul marchand de tableaux ne pouvait croiser un autre marchand de tableaux sans sourire : il a fallu rendre tout cela plus imposant, à la mesure des créations parfois pharaoniques de l’art Con (Colonnes de Buren, Plug annal, vagin de la Reine, etc.). Il faut des réseaux, il faut des journaux, il faut des musées (le Moma à New York, le Yokohama Museum of Art au Japon), il faut des mécènes comme l’inénarrable Pinault, marchand de bois et esthète de veau. Il faut aussi, pour compenser les paillettes et le fla-fla, à côté des grands faisans qui occupent l’actualité et donnent à rêver aux lectrices de Closer, des ouvrières méritantes et taciturnes, qui nourrissent la réflexion du Monde et de Télérama, et que quelques happy few se font une orgueilleuse joie d’aller admirer à Beaubourg. Ce fut le cas de Pierrette Bloch, petite main de l’art con, décédée à Paris cette semaine dans sa quatre-vingt-dixième année.
 

Pierrette Bloch, plasticienne suisse et petite main à tout faire

 
Pierrette Bloch avait le profil parfait. Née Suisse à Paris en 1928 cette « grande figure de l’art contemporain » n’avait passé que quelques années de son adolescence dans son pays d’origine pour s’y mettre à l’abri des nazis, avant de revenir après guerre jouir des lumières parisiennes. Elle s’y lia dès 1949 à Soulages, puis commença à tracer son sillon sans jamais en sortir jusqu’à sa mort avec une « continuité inextinguible » comme elle le confiait en 2009 à l’occasion d’une exposition rétrospective à Montpellier. Qu’a-t-elle produit en plus de soixante ans ? Une œuvre diverses par ses moyens : c’est une « plasticienne », ce n’est ni un peintre, ni un sculpteur, ni une marchande de macramé, mais tout cela à la fois. Son idée de l’art Con s’exprimait aussi bien par le tricot que par le collage ou le dessin à l’encre de Chine.
 

L’art Con, ou la mort de l’art par étouffement verbal

 
Une œuvre une, au contraire, par l’idée qui la parcourt et par le résultat visible. Une « œuvre minimaliste aussi délicate qu’abstraite », fruit d’un « travail silencieux et pudique fait de trois fois rien », selon Télérama, un art particulier où notre éminent confrère Le Monde entend des « gouttes d’eau ou frêles bruits ». Cette « abstraction sensible » a donné « une vaste collection d’œuvres épurées qui sublime les contrastes entre le noir et le blanc ». Car à la différence de Malevitch qui triompha avec son carré blanc sur fond blanc, Pierrette Bloch, comme son ami Soulages, aimait aussi le noir. Elle a donc jeté des milliers de taches ou de point noirs sur fond blanc, ou l’inverse, sans compter des kyrielles de lettres attachées les unes aux autres, comme on en trace les jours d’ennui ou en répondant au téléphone. Elle expliquait très sérieusement : « Toute ma vie, j’ai cherché à dessiner le temps ». Et les « critiques » avalaient cela comme du bon pain. Mais cette artiste du presque rien n’était pas de ces gens qui ne sont rien, pour dire comme notre grand président, elle gagnait bien sa vie avec ses lignes de petite main de l’art Con. C’était devenu « une icône de l’abstraction ». Une de ces fourmis ouvrières et prospères dont ne peut se passer la grande imposture de l’art Con.
 

Pauline Mille
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