Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
France Révolution

France Révolution c'est un journal d'information et de réinformation avec de l'info vérité non tronquée que vous cache l'ensemble des médias a la botte du pouvoir en place, je produis - Documents - Reportages - Films - tweets et bandes son pour preuve que l'on vous ment 24H sur 24H

Délits à la ZAD. Quand une zone de non-droit en cache une autre

Publié le 31 Juillet 2017 par France Révolution

Délits à la ZAD. Quand une zone de non-droit en cache une autre

Le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes a du plomb dans l’aile : Médiation lancée par le Président Macron, Hulot au gouvernement, solution citoyenne à Gron, doutes croissants dans la population, exemple désastreux de la LGV Tours-Bordeaux, qui à peine inaugurée s’annonce comme un désastre  pour le contribuable. Il était urgent pour le camp pro-aéroport de contre-attaquer pour reprendre l’initiative.

Les pro-aéroport à l’offensive ?

Pour cela, quel beau thème que celui, sans cesse rebattu, de la zone de non-droit ? Ainsi, Presse-Océan du 27 juillet y consacre un long article – en miroir d’une petite brève, qui, l’air de rien, fait la pub du rassemblement de citoyens pro-aéroport à Bouguenais le même jour – pour rendre compte du recensement policier des délits commis sur la ZAD.

Ceux-ci auraient « fortement augmenté » en 2016 par rapport à 2015. Cette année là, il y avait eu 9 destructions-dégradations de biens – un délit fort large puisqu’il va du tag à la destruction complète du bien –, 6 vols, 3 délits routiers et une menace de mort. En 2016, 29 destructions-dégradations de biens, 11 vols, 4 violences sur personnes, 5 cas de détention de stupéfiants et des « rébellions et des outrages non quantifiés dans le rapport ».

Si ce recensement fait état d’une réalité certaine, est-il vraiment représentatif de la situation du secteur? Ne  vise t-il pas exclusivement à stigmatiser les habitants de la ZAD, « zadistes », paysans ou population de passage sur ce qui est devenu un lieu majeur des luttes environnementales européennes et mondiales, la place Rouge de l’Internationale des luttes écologistes?

La forte délinquance hors ZAD  est-elle traitée à l’identique par cette même presse?

Les autres faits de délinquance que connaissent les habitants des communes concernées – Vigneux de Bretagne, Notre-Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Héric, Treillières – qui sont en troisième couronne de Nantes, ne passent-ils pas à la trappe? Au premier rang desquels les cambriolages, très courants le long des grands axes et des routes secondaires locales. Mais un recensement complet et honnête ne serait pas intéressant, car il ne permettrait plus de concentrer le tir sur les « zadistes ».

D’autre part, avec ses 1600 hectares sur cinq communes, la ZAD fait 16 km². Au cœur de Nantes, sur le seul kilomètre carré de la place du Commerce et de ses abords immédiats – du square Daviais à la place Neptune – il se commet chaque jour  des délits bien plus nombreux liés aux stupéfiants (usage, cession, détention, recel…), des dizaines de vols, quant aux outrages, aux rébellions et aux dégradations de biens, il est impossible de les compter, tant il y en a.

Au cœur de Nantes, la situation ne cesse de s’aggraver. Trois stations de tramway sont touchées de plein fouet maintenant par la gangrène de la drogue. Mais les auteurs bien connus, qui utilisent, en toute illégalité, les ficelles du système pour vendre leur poison et voler avec violence, restent en place et poursuivent leur fructueux commerce.

Toujours à Nantes, à quelques kilomètres seulement de la mairie centrale, des bandes bien connues se livrent à la guerre des gangs, avec l’économie de la drogue en toile de fond, depuis plus de trois ans. Parfois au pistolet mitrailleur, comme mi-mars dernier à Bellevue, parfois à coup de rafales de Kalachnikov comme ce 21 juillet à Malakoff. Parfois ce sont des tirs depuis une voiture sur une silhouette ou un immeuble, comme ce 24 juillet dernier, parfois les balles traversent les cuisines des habitants voisins ou claquent devant une école, un peu après midi. Souvent c’est le silence feutré des coups de couteaux, des extorsions, des rackets, que trouble l’éclatement brusque d’un meurtre, ce jeune homme égorgé dans un tramway, devant le CHU Hôtel-Dieu, tout récemment, dans la nuit du 20 au 21 juillet dernier.

Il est plus rentable politiquement de s’attaquer aux zadistes. Résultat : la somme des lâchetés collectives et individuelles fait reculer, au quotidien, le droit au profit de la transformation du centre-ville en méga zone de non-droit. Réelle celle-ci.

Nantes, la véritable zone de non-droit… à défendre ?

Sur la ZAD, on peut se promener ivre avec un smartphone à la main sans se le faire voler et se faire tabasser. On peut faire son footing à 6 h du matin sans finir à l’hôpital à cause d’un voleur. Une fille peut se promener la nuit, même ivre, sans risquer de se faire violer, comme c’est arrivé dans l’hyper-centre de Nantes à l’automne dernier. On peut faire sa cuisine, prendre sa voiture ou son vélo, vivre, sans risquer une balle.

Pendant ce temps, Nantes est en train de devenir une zone d’affrontement violent entre bandes. C’est à la ZAD que les décideurs politiques veulent remettre de l’ordre, c’est la paille qu’ils veulent chasser alors qu’autour d’eux, les poutres s’entassent. Faute de vouloir mettre des mots sur les maux, apporter des remèdes à des problèmes considérés comme trop brûlants.

Le vieux système politique, mis en déroute lors des élections présidentielles et législatives, espère t-il ainsi pouvoir se refaire et le démontrer à l’occasion  des sénatoriales, avec les plus vieux pots et les plus vieilles ficelles?

Louis Moulin

Commenter cet article