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France Révolution

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Nolan, 7 ans, avait mangé un mauvais hamburger de chez Lidl: il est handicapé à vie (Vidéo)

Publié le 6 Juin 2017 par France Révolution

Nolan, 7 ans, avait mangé un mauvais hamburger de chez Lidl: il est handicapé à vie (Vidéo)

Leurs présumés manquements aux obligations sanitaires avaient provoqué des maladies graves chez les personnes ayant mangé des steaks hachés livrés à Lidl, en 2011. Mais les deux responsables du fournisseur SEB ont nié leur responsabilité mardi devant le tribunal correctionnel de Douai (Nord).

 

Guy Lamorlette, 76 ans, créateur et gérant de la société, et Laurent Appéré, 46 ans, son responsable qualité, sont poursuivis notamment pour « blessures involontaires par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité » et « tromperie sur une marchandise entraînant un danger ».

D’emblée, la présence en fauteuil roulant de Nolan, 7 ans, touché à deux ans par des lésions neurologiques ayant limité grandement sa motricité et ses capacités intellectuelles, a donné une tonalité grave au procès.

L’ambiance s’est encore alourdie à la description scrupuleuse par la présidente des Syndrômes hémolytiques et urémiques (SHU) développés par les autres consommateurs de ces steaks en juin 2011, en majorité des enfants. Ils ont tous subi de nombreuses hospitalisations et gardent souvent des séquelles aux reins.

« J’ai juste envie de pleurer. Ca m’a aussi un peu détruit cette affaire, j’ai développé une maladie… », s’est ému Laurent Appéré, le visage rougeaud encadré par des cheveux mi-longs, mardi à la barre.

« Peut-être pourriez-vous regarder Nolan ? Il s’agite en vous écoutant », est intervenue Me Florence Rault, avocate de la famille du petit garçon. « Que voulez-vous que je dise en voyant cet enfant ? Ça n’a jamais été un acte volontaire de notre part », a répliqué le corpulent chef d’entreprise à la retraite Guy Lamorlette.

Au centre de la médiatique affaire, née en juin 2011 avec une quinzaine de signalements de l’Agence régionale de santé (ARS) du Nord-Pas-de-Calais, la souche 0157H7, l’une des variétés de la bactérie E.coli.

Entre autres manquements, les deux prévenus sont soupçonnés d’avoir délibérément décidé de ne pas diligenter d’analyse spécifique à cette souche particulièrement dangereuse lorsque, sur les lots mis en cause, ils ont été confrontés à une concentration bien plus élevée que le seuil réglementaire de la bactérie E.coli : 770 germes contre 500.

 

Risque zéro

« Si on avait su qu’il y avait de l’E.coli0157H7, on n’aurait pas mis les steaks sur le marché », a assuré Guy Lamorlette. « Nous n’étions pas une entreprise qui depuis 20 ans travaillait comme ce qui est décrit, avec les volumes que nous avions. Nous sommes une entreprise sérieuse ».

Mais l’expert cité à la barre est formel : « Ils n’ont pas mis en oeuvre cette recherche de 0157H7, (…) or la réglementation exige une mise sur le marché de marchandises saines et sûres, sans atteintes à la santé ».

 

 

La société a aussi modifié son PMS (Plan de maîtrise sanitaire) début 2011 sans en référer aux services véterinaires de l’Etat. Résultat, elle ne s’astreignait plus à des contrôles systématiques, mais aléatoires.

« Il faut s’imaginer ce que c’est, un camion avec 800 blocs de viande. S’il y en a 20 de contaminés, comment les trouver ? », a fait valoir Laurent Appéré. « Là le camion devait repartir en production, sinon on fermait l’usine. Donc on analyse toujours de façon aléatoire ».

La contrainte de temps et de volume à livrer, pour une entreprise dépendante à entre 50 et 70 % des commandes de Lidl, constitué partie civile, pourrait faire des débats « le procès de la filière bovine et de la grande distribution », a d’ailleurs noté auprès de l’AFP Me Marion Giraud, avocate de l’UFC-Que Choisir, partie civile.

« On parle de la possible mort d’un être humain, vous ne trouvez pas qu’il y a un fossé avec votre explication sur les camions ? », demande cependant la présidente, agacée, à Laurent Appéré.

« Le risque zéro n’existe pas malheureusement », rétorque l’ancien responsable qualité. « Il y a déjà eu, par le passé, des rappels de steaks mis sur le marché, ce sont des choses qui arrivent… »

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