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France Révolution

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Macron : suicide français, suicide heureux [Tribune libre]

Publié le 15 Juin 2017 par France Révolution

Macron : suicide français, suicide heureux [Tribune libre]

Pierre Terrail, un lecteur de Breizh-info, nous adresse une tribune libre sur la victoire d’Emmanuel Macron et de la République en marche que nous vous proposons ci-dessous. Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place. 

Macron : suicide français, suicide heureux

De nombreux psychologues ont observé un fait tout à fait étonnant chez les personnes suicidaires : en effet, peu de temps avant de passer à l’acte, les déprimés montrent des signes tout à fait spectaculaires de… bonheur. Comme si leur état s’arrangeait subitement. Et pourtant, quelques jours plus tard, leurs proches retrouvaient leurs corps sans vie.

Depuis les travaux d’Émile Durkheim, cette observation a fasciné les chercheurs, incapables de comprendre les raisons de cette amélioration rapide de la santé mentale des futurs défunts, mais surtout incapables de comprendre le passage à l’acte qui s’en suivait. Aujourd’hui nous en savons plus.

Si l’on en croit les découvertes de psychologues américains, cela est dû à un facteur : la dissonance cognitive. Pour faire simple, il s’agit d’un état psychologique au cours duquel la réalité est en contradiction totale avec les croyances personnelles de l’individu. Comme si l’on demandait à une porte d’être à la fois ouverte… et fermée.

L’individu suicidaire vit ainsi constamment dans cet état : il est vivant, son cœur bat, il habite le monde, mais pourtant tous les apports extérieurs (critiques, insultes, situation sociale, autocritique) viennent le convaincre qu’il devrait plutôt mourir. Si bien qu’il continue de vivre en ayant néanmoins cette certitude qu’il doit mourir pour décharger le monde de sa présence. Le cas est le même pour quelqu’un qui fait une action immorale en sachant pertinemment qu’il ne devrait pas la faire : celui qui ment a un poids sur la conscience.

Cette dissonance cognitive se poursuivra jusqu’à ce que le suicidaire décide que la vie mérite d’être vécue ; ou jusqu’à ce que, se haïssant tellement, il décide d’en finir et planifie son acte en détails. C’est exactement à ce moment là que son état s’améliore : ses pensées sont enfin en accord avec ce qu’il sait devoir faire, il n’y a plus de dissonance cognitive. Pour filer l’analogie, c’est la même chose quand un menteur compulsif décide après des années de révéler une supercherie : avant même d’avoir dévoilé son mensonge, il est déjà soulagé car il sait qu’il sera enfin en accord avec ses principes.

Une telle analyse de la psychologie humaine individuelle peut aisément être appliquée à une nation tout entière. Ainsi, pendant des années les français se sont laissés convaincre qu’ils étaient d’infâmes colons, de méchants croisés, des assistés, des racistes, des fascistes, des adorateurs de la bête immondes. Ils se sont laissés convaincre que ressentir de l’émotion devant une cathédrale c’était être un vilain catho tradi réactionnaire, que vouloir se marier à un individu du sexe opposé c’était être has-been, qu’exprimer des doutes sur l’avortement la GPA ou la PMS, c’était faire preuve d’un essentialisme ayant mené aux triangles roses.

Ils se sont laissés convaincre que respecter une certaine tradition française, que se revendiquer d’un certain conservatisme, du bon sens, d’une certaine décence commune, c’était en fait être un réactionnaire pétainiste. Ils se sont laissés convaincre que c’est justement à cause de cet esprit traditionnel, à cause de notre modèle social, à cause de notre volonté de souveraineté nationale, que la France ne trouvait plus sa place dans le concert des nations. En fait, ils se sont laissés convaincre que le mal c’était la tradition, et que la France étant traditionnelle, la France c’était le mal. En bref, les Français étaient convaincus que la France telle qu’elle existait était dépassée, qu’elle était un frein pour notre évolution, et qu’elle devait tuer ce qui la faisait : modèle social, héritage historique et linguistique, valeurs. Les Français se sont laissés convaincre qu’ils devaient mourir.

Or ils continuaient à vivre. Malgré ces injonctions des ligues anti-racistes, des journalistes mondialistes, des associations anti-fascistes, des puissances européistes, et des technocrates, les Français ont continué à vivre et à faire vivre la France. Ils se sont plongés dans un profond état de dissonance cognitive où, bien que persuadés qu’il leur fallait tuer la nation pour se dissoudre dans le village-monde, ils continuaient quand même à voter pour des partis traditionnels, finalement assez conservateurs. A gauche comme à droite, les français votaient pour préserver ce que leurs ancêtres avaient obtenu, qu’il s’agisse d’un patrimoine financier ou de droits ouvriers. Personne n’avait intérêt à voir la France mourir.

Et en même temps, certains ont bien senti cet état de dissonance : et voilà que les progressistes de tous bords débarquent sur le devant de la scène, assurant et assumant que le seul moyen pour la France d’être Française, c’est de devenir européenne ; assurant que le seul moyen pour un Français de ne pas être un immonde fasciste, c’est de voter dans l’intérêt des autres : immigrés, grands patrons, LGBTIQS+…

Ainsi donc les français étaient dans une position très mal à l’aise : on les avait convaincus que le Bien serait de laisser la France se dissoudre dans une société ouverte, et en même temps ils continuaient à voter dans leur intérêt avec ce qui leur semblait être un certain égoïsme forcément fascisant.

Cet état de dissonance cognitive devait bien finir par cesser. Il y eut d’abord un psychologue, M Le Pen, qui vint dire aux Français que, pour une bassesse la France comptait milles grandeurs et donc qu’il ne fallait pas se haïr, qu’il n’était pas immoral d’agir dans l’intérêt seul de son pays… Malgré quelques améliorations, cette thérapie qui devait ôter à la France ses pensées suicidaires échoua. La France repartit de plus belle sur son chemin de pénitence, n’osant encore se laisser mourir mais le dos déjà en sang à force de se flageller.

Mais vint alors celui qui devait la guérir en abrégeant ses souffrances, celui qui vendait le poison comme une antidote, celui qui devait la faire sortir de sa dissonance cognitive : Saint Macron.

Ce messie -cet Être Suprême dirait Robespierre-, représentant de la raison pure et de l’esprit moderne, progressiste, libertaire, venait proposait à la France d’enfin mettre en adéquation le réel et le sentiment qu’elle avait d’elle même.

Son discours et ses promesses sont simples : «Adieu modèle social et adieu code du travail, vous n’êtes pas assez compétitifs pour nous faire gagner la course à la mondialisation ; adieu frontières, filiation traditionnelle, restes de l’éthique chrétienne, vous nous empêchez de développer des marchés nouveaux, de réifier l’homme et le lien social ; adieu culture française (tu as l’inconvénient, étant française, de ne pas inclure le monde), adieu art français (l’esthétique est forcément fasciste, surtout quand il prétend être le fer de lance d’une nation), adieu soft power. Adieu, France.

Bonjour le monde, bonjour paradis artificiels et paradis fiscaux ; bonjour réseaux sociaux, robotique, transhumanisme, homme-enceint, transgenrisme, hommes-à-barbes et femmes-à-bites ; bonjour frère de couleur, bonjour sœur voilée, bonjour enfant d’ailleurs, enfant de nulle part et donc de partout, vous êtes ici chez vous.

La France ? Nous avons décidé de la tuer. Vieille patrie charnelle, elle n’avait plus d’intérêt dans ce monde nouveau que nous construisons. Après un bon coup de bulldozer sur ce vieux terrain déjà vague, nous pourrons y construire un hôtel et y accueillir les flux incessants d’un monde en mouvement. En marche !».

En votant Macron, les Français réalisent la prophétie qu’avaient annoncée les oracles de la mondialisation. Ils acceptent enfin de mourir pour mettre fin à trente ans de dissonance cognitive. Puisqu’ils se détestent, puisque la France n’a plus d’intérêt dans un monde qui bouge, ils la laissent mourir. Ou plutôt, ils ont planifié sa mort prochaine, et comme le suicidé, ils sont maintenant prêts à faire coïncider pensées et réalité, ils sont prêts à se libérer de leurs tracas, prêts à jouir pleinement de leurs derniers instants, le sourire aux lèvres.

[ Voilà donc la France qui, ne pouvant plus supporter la haine de ses enfants, décide de partir. Le 23 Avril, elle s’en va acheter une corde, le 7 Mai elle l’accroche à une poutre ; toujours sans réaction de ses enfants, le 11 Juin elle place sa tête dans cette petite boucle anodine qui lui ôtera la vie, et le 18 Juin elle serre le nœud pour préparer son horrible forfait. Et bientôt la voilà, cette France deux fois millénaire, pendant au bout d’une simple corde de chanvre, la voilà s’agitant de ses derniers spasmes, la voilà fermant les yeux calmement, se laissant partir, bercée par les paroles d’un serpent jeune et dynamique qui la rassure «Il le faut, ne t’en fais pas, tout ira mieux après».

Mais alertés par ces bruits, démasquant le tentateur, bientôt viennent les enfants de la France. Les voilà qui découvrent le corps blême de leur mère, et devant cet horrible spectacle, ils se précipitent pour l’aider. Ils la soutiennent à bout de bras pour éviter que toute vie ne quitte son corps, ils essayent maladroitement de couper la corde, ils tentent de la réanimer.

Ces enfants de France, ce sont les militants de la cause nationale. Ceux qui refusent de voir mourir leur mère. Ce sont ces jeunes et ces moins jeunes qui, alors que ce pays a décidé de commettre l’irréparable, alors que certains fils l’ont poussé au suicide, alors qu’il pend au bout d’une corde, ces militants vont devoir cinq années durant, s’appliquer à le soutenir pour ne pas qu’il meure totalement. Et s’ils parviennent à maintenir ce pays en vie, il leur faudra encore entreprendre une longue rééducation, une longue thérapie, pour faire comprendre à la nation que le suicide n’est pas une solution, que tout n’est pas noir, que ce pays mérite de vivre, malgré tout. C’est notre rôle, ne pas s’en saisir reviendrait à se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger. Ne pas s’en saisir c’est laisser mourir notre mère, la France. ]

Pierre Terrail

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