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Syrie : les USA veulent armer les Kurdes, la Turquie se fâche

Publié le 12 Mai 2017 par France Révolution

Syrie : les USA veulent armer les Kurdes, la Turquie se fâche

La Turquie menace de mener une opération militaire contre les combattants kurdes en Syrie après l’annonce de Washington d’armer le groupe kurde YPG considéré par la Turquie comme un groupe terroriste

La guerre en Syrie pourrait déclencher une véritable confrontation militaire entre la Turquie et les Etats-Unis. En effet, tout a commencé ce mardi 9 mai lorsque l’administration Trump annonce avoir approuvé un plan qui vise à armer directement les forces kurdes qui combattent en Syrie.

L’annonce a été faite par Dana W. White, porte-parole du Pentagone, qui a confirmé que la Maison Blanche estime que les Forces Démocrates Syriennes, un groupe armé composé majoritairement de combattants kurdes, est la « seule force sur le terrain capable de reconquérir Raqqa dans un futur proche », la ville de Raqqa étant contrôlé par le groupe Etat Islamique.

« Elles auront aussi un impact négatif sur les Etats-Unis aussi »

Dans un communiqué, Dana W. White écrit : « nous sommes conscients des soucis liés à la sécurité de notre partenaire turc de la coalition. Nous voulons rassurer le peuple et le gouvernement turc que les Etats-Unis sont engagés à prévenir d’éventuels risques et à protéger notre allié de l’OTAN ».

Aussitôt annoncée, la décision suscite déjà la colère d’Ankara. « L’administration américaine a encore la chance de prendre en considération la sensibilité de la Turquie concernant l’organisation terroriste, PKK. Si une décision négative est prise, ses conséquences ne seront pas seulement ressenties par la Turquie, mais elles auront aussi un impact négatif sur les Etats-Unis aussi », a prévenu Benali Yildirim, le premier ministre turc.

« Nous sommes contre le fait d’utiliser un groupe terroriste contre un autre »

La position d’Ankara est claire. Le parti de l’Union Démocrate ainsi que sa branche armée, YPG (Unité de Protection du Peuple Kurde) sont des organisations terroristes liées au PKK, autre groupe terroriste kurde. « La position de la Turquie est très claire. Nous sommes contre le fait d’utiliser un groupe terroriste contre un autre. Nous avons envoyé ce message à nos partenaires », a ajouté le premier ministre turc.

Pour Mevlüt Cavusöglu, ministre turc des Affaires étrangères, chaque arme obtenue par l’YPG est une menace pour la Turquie. « Le PKK et l’YPG sont toutes deux des organisations terroristes. Chaque arme saisie pour elles est une menace pour la Turquie », dit-il. La Turquie menace d’ailleurs de mener des actions militaires contre les combattants kurdes, alliés des Etats-Unis.

« Une rencontre très tendue entre Erdogan et Trump »

« Le message de la Turquie adressée à l’administration Trump était que la Turquie se réserve le droit de mener une action militaire », a averti une haute autorité de l’armée turque sous couvert de l’anonymat. Dans la presse turque, on cite les propos d’autorités turques selon qui la décision d’armer les kurdes a été soufflée à Trump par des anciens associés d’Obama.

Cette décision prise par l’administration Trump risque d’avoir de sérieuses conséquences sur la prochaine rencontre prévue entre Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie et son homologue, Donald Trump. Cette rencontre prévue ce 16 mai est déjà mise à mal. Reste à savoir si les deux chefs d’Etat parviendront à éviter un conflit diplomatique avant l’heure.

 

Source

Armer les Kurdes syriens : stratégie ou tactique américaine ?

 

La décision du président Trump de fournir des armes aux Kurdes syriens, qui combattent Isis, marque un changement déterminant dans la géographie politique du Moyen-Orient : les États-Unis choisissent de soutenir leur allié kurde en Syrie, faisant fi de la Turquie qui veut à tout prix empêcher l'établissement d'un État kurde indépendant.

Lundi, Trump a approuvé un plan consistant à armer directement les Kurdes pour leur permettre de reprendre Raqqa, la capitale de fait d'Isis en Syrie. Les États-Unis enverront des mitrailleuses lourdes, des armes antichars, des mortiers, des voitures blindées et des équipements d'ingénierie pour renforcer et intensifier l'attaque.

 

La Turquie a cherché en vain à persuader les États-Unis de rompre leur alliance avec les Kurdes syriens, accusant le YPG (la branche armée du Parti de l'union démocratique) d'être le bras syrien du PKK qui mène une guerre de guérilla contre l'Etat turc depuis 1984. " Le PKK et le YPG sont des organisations terroristes et ils ne sont différents que par leur nom ", a déclaré samedi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavasoglu. "Toute arme saisie par eux est une menace pour la Turquie".

Les Etats-Unis veulent infliger une double défaite à Isis en capturant à la fois Raqqa et Mossoul en Irak au cours des prochains mois. Les combattants d’Isis se trouvent encore dans la vieille ville de Mossoul après un siège de forces gouvernementales irakiennes qui a duré près de sept mois. La majeure partie de la ville est pourtant déjà tombée avec de lourdes pertes humaines de tous côtés et de graves destructions matérielles. La perte de Raqqa et de Mossoul ne serait pas la fin d'Isis, qui est une organisation de guérilla, mais le « califat autodéclaré » n'existerait plus en tant qu’état avec une administration et un vaste territoire.

Raqqa, une ville qui comptait 300 000 habitants, sur la rive nord de la rivière Euphrate, est déjà isolée de la rive sud par des attaques aériennes qui détruisent les ponts. La route du sud à Deir Ezzor, la plus grande ville de l'est de la Syrie, a été coupée par les Kurdes. Les combattants d’Isis ne peuvent sortir de Raqqa qu'en bateau, mais ils ont démontré à Mossoul qu'ils étaient capables d’utiliser des tireurs d'élite, des kamikazes et des pièges pour résister et infliger des pertes à un ennemi armé plus nombreux et mieux armé.

Mais le sort de Raqqa n'est pas le seul problème à résoudre dans les combats dans le nord de la Syrie. La Turquie est confrontée à un résultat désastreux des guerres qu'elle a menées pour étendre son influence dans le nord du Moyen-Orient. Depuis 2011, elle a cherché à renverser le président Bashar al-Assad et à empêcher les deux millions de kurdes syriens de prendre le contrôle d'une large bande de territoire le long de la frontière sud de la Turquie.

Les efforts turcs pour arrêter l'avance kurde ont largement échoué et l'intervention des troupes terrestres turques à l'ouest de l'Euphrate en août 2016 n'a été qu'un demi-succès. Ses alliés locaux arabes et turkmènes n’ont pas pu prendre le bastion d'Isis d'Al-Bab sans l’intervention de l'armée turque. Or, si la Turquie a offert ses services aux États-Unis en tant qu'alliée capable de remplacer le YPG dans la bataille contre Isis, cela a toujours été avec une arrière-pensée évidente : le président Recep Tayyip Erdogan s'intéresse davantage aux Kurdes qu'à Isis.

La réponse de la Turquie aux succès du YPG et du SDF a été d'intensifier l'engagement militaire dans le nord de la Syrie et de menacer d’une action beaucoup plus sévère. Le 25 avril, des avions turcs ont lancé des frappes aériennes ont tué 20 combattants, dont la moitié étaient des femmes. Erdogan a alors menacé de la possibilité d’une action similaire "à tout moment". Les États-Unis avaient alors déclaré que l'action turque était "inacceptable", mais ils étaient tellement préoccupés par une intervention turque qu'ils ont envoyé des patrouilles de forces spéciales américaines dans des véhicules pour surveiller le côté syrien de la frontière. Pour leur part, les dirigeants kurdes syriens ont déclaré qu'ils ne prendraient pas Raqqa si l'action militaire turque continuait.

La décision publique de Trump d'envoyer des armes plus lourdes au YPG est donc importante, principalement comme un signe que les États-Unis ignorent les menaces turques et maintiennent leur son alliance militaire avec les Kurdes syriens, ce qui leur a bien servi. Cela rend difficile pour l'armée turque et ses forces aériennes d'intensifier ses attaques contre le YPG.

Erdogan doit rencontrer Trump pour la première fois à Washington les 16 et 17 mai. Il tentera de le persuader de renverser sa politique envers les Kurdes syriens, mais il est peu probable qu'il réussisse. Au cours de ses derniers jours de présidence, Obama avait déjà décidé d'envoyer des équipements plus lourds au YPG, ce qui indique que la politique pro-kurde a un large soutien aux États-Unis.

En même temps, les Américains essaient de rassurer les Turcs en leur garantissant que les nouvelles armes ne seront utilisées que contre Isis et que la quantité de munitions livrées sera limitée à ce qui est nécessaire pour cette opération. Et en effet, les Turcs craignent que les armes soient remises au PKK et utilisées contre leur armée.

Les Kurdes syriens, eux, craignent qu’après la défaite d’Isis les États-Unis n'aient plus besoin d’eux et reviennent à leur ancienne alliance avec la Turquie, une grande puissance qui reste membre de l'OTAN. Cela les laisserait vulnérables dans le cas d’une attaque terrestre turque visant à détruire leur demi-indépendance.

Mais, pour l'instant, les Kurdes en Syrie sont soulagés que les États-Unis aient décidé de maintenir leur alliance avec eux. Ils ne pensent pas que Trump soit capable d’un coup tordu…

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