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France Révolution

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Aucun hélicoptère militaire français n’affiche un taux de disponibilité supérieur à 50%

Publié le 13 Mai 2017 par France Révolution

Aucun hélicoptère militaire français n’affiche un taux de disponibilité supérieur à 50%

Lors des débats budgétaires de l’automne dernier, il a été beaucoup question de la disponibilité des hélicoptères de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) et de la Marine nationale. À juste titre.

Lors de son audition devant les députés de la commission de la Défense nationale, le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre, avait précisé que seulement 100 hélicoptères de l’ALAT étaient en mesure de décoller « au quotidien » pour un contrat opérationnel de 149 machines. Et d’ajouter : « Je ne peux me satisfaire de cette situation. »

Dans un rapport publié à la même époque, le député François Lamy s’était alarmé du fait que cette trop faible disponibilité des hélicoptères de l’ALAT induisait une « perte sèche de potentiel opérationnel. » De son côté, son collègue Gwendal Rouillard avait attiré l’attention sur les appareils mis en oeuvre par la Marine nationale, en particulier sur le NH-90 Caïman NFH. Sur les 17 exemplaires en service, 10 étaient immobilisés pour des opérations de maintenance.

Mais, responsables politiques et militaires pointaient les problèmes de disponibilité des hélicoptères, on ne disposait pas, à l’époque, des chiffres permettant d’avoir une idée précise de la situation. C’est désormais chose faite, grâce au député François Cornut-Gentille, qui les a demandé au ministère de la Défense.

Et, effectivement, le tableau n’est pas mirobolant : pour l’année 2016; aucun hélicoptère n’a affiché un taux de disponibilité supérieur, ou au moins égal, à 50%. Certains s’en approchent, comme les Dauphin, Panther (49,60%) et Gazelle (45,10%), d’autres en sont très loin.

Pour rappel, un appareil est dit « disponible » s’il est « apte à moins de 6 heures, au moins une mission correspondant à celles indiquées dans sa fiche de caractéristique militaire, sur tous sites d’emploi ». Les chiffres données par le ministère de la Défense sont des moyennes. En théorie, les matériels utilisés en opération extérieure sont pratiquement tout le temps « disponibles ».

Par rapport à 2015, la disponibilité de quelques types d’hélicoptères progesse. C’est le cas pour les Tigre (25,60% contre 21,4%), des Gazelle (45,10% contre 42,10%, avec cependant 14 machines retirées de l’inventaire), des Lynx (26,70% contre 17,50%) et des NH-90 NFH Caïman (38,40% contre 32%). Mais cette progression est encore insuffisante, d’autant plus que, dans le lot, des appareils comptent moins de 7 ans de service.

Si l’on prend le cas des hélicoptères d’attaque Gazelle, leur coût de maitien en condition opérationnelle (MCO) est de seulement 54,13 millions d’euros pour 101 exemplaires. Un montant à comparer avec les 88,61 millions d’euros de MCO pour les 59 Tigre en dotation au sein de l’ALAT.

Si certains taux de disponibilité progressent un peu, d’autres sont en revanche en baisse sensible d’une année sur l’autre, comme des 20 Alouette III encore en service, lequel a chuté de 13,7% pour atteindre 33,90%. Moins prononcée, la baisse de la disponibilité des NH-90 TTH Caïman est importante (-6,2%, pour s’établir à 41,40%), alors que trois nouveaux appareils ont été livrés. Et cela avec un coût de MCO de 61,53 millions pour 21 exemplaires.

Même chose pour les 58 Fennec de l’armée de l’Air, qui ont vu leur taux de disponibilité baisser de 6,7% par rapport à 2015, pour tomber à 37,10%. Avec une moyenne d’âge de plus de 40 ans et un coût de MCO conséquent (106,95 millions d’euros), les hélicoptères Puma et Super Puma paient le prix de leur ancienneté et de leur engagement dans la bande sahélo-saharienne, leur taux de disponibilité étant tombé largement en-dessous du seuil des 30% (à 27,70% pour être précis, soit une baisse de 5%). Les 18 Caracal font légèrement mieux, ces appareils affichant un taux de disponibilité de 31,70%, en baisse de 2,7%.

Enfin, la situation des 26 hélicoptères Cougar encore en dotation est catastrophique. Leur taux de disponibilité ne dépasse pas les 10% alors que 40,27 millions d’euros ont été dépensés pour leur maintien en condition opérationnelle. Mais il n’y a rien d’étonnant quand l’on sait, comme l’avait indiqué le député François Lamy, que la durée d’immobilisation de ces appareils pour leur maintenance est de 18 mois au lieu de 90 jours.

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