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France Révolution

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Macron, vers une nouvelle affaire des médailles?

Publié le 31 Mars 2017 par France Révolution

Macron, vers une nouvelle affaire des médailles?

Un nombre non négligeable de proches d’Emmanuel Macron ont été décorés alors que le futur candidat à la présidence était Secrétaire général adjoint à l’Élysée ou ministre de l’Économie. Simple série de coïncidences ou trafic d’influence ? Sputnik a enquêté.

Des affaires de décorations ont déjà fait tomber des hommes politiques en France. Et restent d'actualité.
Il y a un mois, le Parquet National Financier (PNF) a ouvert une enquête afin de déterminer s'il y avait un lien direct entre l'élévation au rang de Grand-croix de la Légion d'honneur de Marc Ladreit de Lacharrière, « sur rapport du Premier ministre », et le fait qu'il ait salarié Pénélope Fillon dans sa Revue des deux mondes. Selon Le Monde, les enquêteurs suspectaient « un éventuel trafic d'influence lié à l'attribution d'une décoration ».

De quoi s'agit-il? Le trafic d'influence, considéré au même titre que la corruption, est sanctionné par l'article 432-11 du Code pénal qui vise, comme nous l'explique Maître Stéphane Babonneau, « le fait, pour un responsable public, d'octroyer ou de faire octroyer en usant de son influence, des avantages ou des biens quelconques — dont notamment une décoration — à des personnes en échange de faveurs qui seraient accordées à ce décideur public. »

Un cas de figure qui peut évoquer une dizaine de personnes engagées ou proches du mouvement En Marche!, toutes décorées par Emmanuel Macron ou sous son autorité.

Ainsi Laurent Bigorgne a-t-il été nommé Chevalier de l'ordre national du Mérite, en 2015. Fidèle ami du candidat Macron depuis Sciences Po, il a hébergé chez lui le mouvement En Marche! à ses débuts. Bigorgne dirige l'Institut Montaigne, un club patronal libéral, ce qui n'empêche pas Macron de nier toute affinité avec ce groupe influent proche du MEDEF. Quant à sa femme, comme l'a révélé Mediapart, elle préside l'Association pour le renouvellement de la vie politique, support d'En Marche!

Autre figure, Henry Hermand, décédé en novembre dernier, était un magnat de la grande distribution et le mentor de Macron. Élevé au grade de Commandeur de la Légion d'honneur en 2013, ce mécène de think tanks proches du Parti Socialiste, tels que Terra Nova et La République des idées, aura pris sous son aile le jeune prodige Macron dès ses débuts, y voyant un digne successeur du Rocard qu'il appréciait tant. « [Emmanuel Macron] n'a jamais pris une décision importante sans m'en parler », déclarait-il au Monde en 2015. Il semblerait que son soutien soit allé jusqu'à l'octroi d'un prêt de 550 000 euros pour l'aider à acquérir son premier appartement, et hébergera dans ses locaux les premiers militants d'En Marche!

Marc Simoncini, fondateur et directeur de Meetic, est nommé Chevalier de la Légion d'honneur par le ministère de l'Économie en avril 2014, alors que Macron est Secrétaire général adjoint de l'Élysée. Classé par Les Échos dans le premier cercle de Macron, il organise des dîners réunissant le futur candidat avec des dirigeants de start-ups afin de « challenger » ses idées, comme le racontent nos confrères d'Europe1. En septembre 2016, il annonce qu'il soutiendra Emmanuel Macron dès qu'il se déclarera candidat à la présidence.

À ces trois proches décorés peuvent encore s'ajouter au moins sept autres personnes de l'entourage du candidat qui sont dans le même cas de figure. De quoi étonner les juristes…

« Le PNF a décidé — à la lecture d'un article — qu'il était nécessaire d'enquêter sur l'emploi par François Fillon de sa femme comme collaboratrice parlementaire » constate Maître Geoffroy de Vriès, avocat au barreau de Paris, avant de s'interroger: « Comment se fait-il que tel candidat fasse l'objet d'une enquête parce qu'il a pu décorer telle personne, et que tel autre candidat qui a pu décorer un ensemble de personnes ne fasse pas l'objet d'une enquête? » Un deux poids deux mesures étonnant selon lui, mais qui pourrait trouver une issue:

« Si la presse se faisait l'écho de la présence au sein d'une équipe de campagne d'un très grand nombre de personnes ayant bénéficié de faveurs et d'une distinction quelconque avec l'aide ou non, ou supposée, du candidat — ou de proches du candidat — le juge pourrait très bien se saisir de ces éléments. »

Issue cependant elle aussi incertaine, selon Maître Stéphane Babonneau, avocat au barreau de Paris:

« Il faut établir avec certitude un lien de causalité entre l'avantage qui est reçu par la personne et la contrepartie qu'elle-même aurait consentie pour recevoir cet avantage. Ce n'est pas quelque chose qui est facile à déterminer. » En conséquence, « même s'il y a beaucoup d'enquêtes pour trafic d'influence, in fine les condamnations ne sont pas aussi nombreuses que cela. »

Pourtant, cette perspective fait-elle trembler Emmanuel Macron? Lors du grand débat du 20 mars sur TF1, Marine Le Pen qui évoque des « récompenses de la République qui sont accordées aux uns et autres et lorsqu'on retrouve l'ensemble de ces personnes soutien de tel ou tel candidat ». La vive réponse de Macron éveille l'attention:

« Ce que vous avez décrit ce sont des conflits d'intérêts, cela se caractérise pénalement, donc soit ce que vous venez de faire, Mme Le Pen, c'est de la diffamation, soit soyez plus précise et allez devant la Justice de notre pays […], mais je ne vous laisserai pas diffamer! »

Macron a-t-il voulu éviter de parler de trafic d'influence, car cela aurait donné trop de crédit aux propos de la présidente du Front national ou s'est-il simplement emporté pour ne pas laisser la main à Marine Le Pen pendant le débat?

Peut-être que bientôt la justice indépendante de notre pays nous donnera des éléments de réponse.

PS: la rédaction de Sputnik a proposé à l'ensemble des personnes citées dans notre enquête de réagir à ce sujet, ce qu'elles n'ont pas encore fait, à l'exception de Philippe Arraou, qui estime que la comparaison entre sa situation et celle de Marc Ladreit de Lacharrière est « bien hasardeuse », réfutant tout « copinage » ou « arrangement entre amis ».« Cela m'a fait plaisir de demander à Emmanuel Macron de me la remettre, mais ce n'est pas pour des services rendus, ni par l'un, ni par l'autre. C'est vraiment au titre d'une amitié entre nous deux » précise-t-il encore.

Nos colonnes et nos studios sont naturellement ouverts à d'autres personnalités d'En Marche! s'ils souhaitent apporter à nos lecteurs des précisions sur les faits évoqués dans cet article.

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